Biennale de Venise: l’architecture monte au front

Alejandro Aravena, commissaire de la Biennale 2016, place l’architecture au cœur des champs politique, social et économique, avec son intitulé de journal télévisé: «Reporting from the front». Mais comment les pavillons nationaux ont-ils interprété cette injonction, considérant que les fronts en question sont de nature bien différente selon les pays?

Pavillon espagnol Biennale de Venise 2016 - Lion d'or - 9 Architecture Pavillon français Biennale de Venise - 9 Architecture

Parler d’architecture lorsqu’elle est convoquée pour proposer des solutions aux principaux maux de la planète (grande pauvreté, migrations, risques climatiques, difficulté d’accès aux soins, insécurité, pollutions...), voici le sujet de départ de la Biennale de Venise qui se tient jusqu’au 27 novembre 2016. A ce titre, la manière dont les pavillons nationaux ont «rapporté» des nouvelles de leurs «fronts» respectifs est révélatrice des problèmes qui s’y posent... et de leurs niveaux de gravité, tout relatifs suivant les pays.

Le pavillon français aborde la question en s’intéressant aux espaces délaissés et interstices, et en montrant 22 exemples d’architectures qui contribuent à les revaloriser. C’est l’éternel slogan «il n’y a pas de territoire désespéré» qui est ici développé. Si le propos est sérieux, voire austère, il est aussi optimiste, comme l’indique le titre de l’exposition «Nouvelles richesses» qui plaide pour une découverte des ressources et des atouts latents de ces espaces oubliés de la mondialisation.

Ambiance tout autre au pavillon allemand qui affronte sans détour l’afflux migratoire auquel doit faire face le pays. Le message est clair, voire martelé : l’Allemagne est un pays ouvert. Et pour le signifier, les scénograpes n’ont pas hésité à percer les murs du pavillon, en l’ouvrant sur les jardins ou la lagune. Les conditions d’accueil des migrants sont résumées en quelques phases qui plantent le décor : «la ville d’accueil est informelle», «la ville d’accueil est en rez-de-chaussée», «la ville d’accueil est un réseau d’immigrants»... S’ensuit l’exposition d’une soixantaine de projets de logements et d’équipements d’urgence destinés aux réfugiés.

Le pavillon britannique, quant à lui, a fait le choix de l’humour et de l’expérience spatiale. Le front de l’architecture est ici celui de l’économie domestique: il faut mettre en place des stratégies de partage des habitations et des équipements ménagers. Ce qui se traduit en scénographie par des logements totems, des pièces où le mobilier n’est composé que de lits multifonctionnels, ou des sphères translucides habitables disposant d’une connexion wifi.

Le lion d’or de la Biennale est allé au pavillon espagnol, qui expose dans une scénographie d’acier un brin esthétisante la crise immobilière que traverse le pays depuis presque une décennie, mais aussi des solutions inventives pour réaffecter les friches, chantiers abandonnés, ou immeubles inoccupés.

Biennale de Venise - 2016 - L'architecture monte au front - Reporting from the front - Alejandro Aravena - Lion d'Or - Pavillon espagnol - Crise immobilière - Pavillon français - Espaces délaissés - Pavillon allemand - Afflux migratoire

 

PartagerShare on Facebook
Facebook
Accéder au menu...